Environ un quart des émissions mondiales de CO2 peuvent être attribuées au secteur industriel. Avec une combinaison de mesures, l'industrie peut réduire ces émissions à presque zéro. Quels investissements sont nécessaires pour cela ? Et quelle sera la responsabilité de l'Europe ? C'est de cela qu'il s'agit dans le rapport The 'Green Industrial Revolution' que vient de publier notre bureau d'études.

D’après nos calculs, le secteur industriel est responsable d'un quart des émissions mondiales de CO2. Pour décarboner le secteur industriel dans le monde, un total de 2 700 milliards d'euros d'investissements sera nécessaire d’ici 2050. L'Union Européenne représente 8%, soit 210 milliards d'euros. La moitié de ce montant est nécessaire pour l'électrification de l'industrie. Le reste va à l'utilisation de l'hydrogène, aux procédés de production innovants et aux nouvelles technologies. L'argent nécessaire pour le captage et le stockage du carbone (CSC) n'est pas encore inclus. Cela représenterait 330 milliards d'euros d'investissements supplémentaires.

Si l'on suppose 28 pays de l'UE, il faudra investir en moyenne 3 milliards d'euros par pays et par an entre 2020 et 2030. Et entre 2030 et 2050 une moyenne de 9 milliards d'euros par an. Bien sûr, les émissions industrielles nocives ont déjà été considérablement réduites au cours des dix à vingt dernières années. L'industrie européenne est également devenue beaucoup plus efficace sur le plan énergétique. Par exemple, les émissions industrielles en 2010 étaient déjà inférieures de -29% à celles de 1990. Dix ans plus tard, cette baisse était passée à -39%. C'est en soi une grande réussite que les entreprises, qui doivent généralement faire face à une concurrence (internationale) féroce, parviennent à atteindre les objectifs climatiques et énergétiques.
Néanmoins, il reste encore du travail à faire. En 2020, le secteur était encore responsable de 650 millions de tonnes d'émissions de CO2. Nos chercheurs se sont penchés sur les secteurs industriels qui émettent le plus de CO2 et sur lesquels on peut donc réaliser le plus de profit. L'industrie cimentière, la sidérurgie et la chimie contribuent ensemble le plus aux émissions de CO2. Ces trois secteurs représentaient les trois quarts des émissions industrielles dans les 28 pays de l'UE en 2020.

Un secteur où il y a encore un gros travail à faire en termes de CO2 est l'industrie des pâtes et papiers (responsable d'environ 190 millions de tonnes d'émissions de CO2 en 2021). La production de papier devrait augmenter au moins jusqu'en 2030. Cela nécessite des efforts considérables pour réduire l'intensité des émissions de la production. De nombreux progrès peuvent être réalisés en arrêtant les énergies fossiles. Des techniques intelligentes peuvent également être utilisées pour réduire la quantité de chaleur nécessaire pour sécher la pâte et le papier.

Pour atteindre zéro CO2 dans l'Union européenne, l'industrie de la pâte à papier et du papier nécessitera un investissement de près de 80 milliards d'euros d'ici 2050. Pour la sidérurgie, il s'agit de plus de 55 milliards d'euros et pour l'industrie cimentière de près de 40 milliards d'euros.

Le secteur chimique (plus de 500 milliards d'euros de chiffre d'affaires) joue un rôle déterminant dans l'économie européenne. De nombreuses industries en dépendent (telles que la pharmacie, l'électronique, l'automobile et la construction). Si l'on suppose 1990, la production du secteur chimique a augmenté de près de 50 %. En revanche, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de -54 %. La consommation d'énergie a diminué de -21 %. Néanmoins, le secteur chimique est toujours responsable de près d'un quart des émissions totales de CO2 dans l'UE.

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