Nous publions aujourd’hui notre dernier rapport sur les faillites d’entreprises dans le monde, et dévoilons nos dernières prévisions pour 2024 et 2025. Découvrez ci-dessous nos prévisions et les nouveaux défis pour les entreprises.

Après trois ans, la forte augmentation des faillites touche à sa fin. En 2023, le nombre de faillites dans le monde a augmenté de 7%. Pour 2024, nous prévoyons encore une accélération de 9% pour ensuite se stabiliser. Nous estimons que le nombre de faillites dans le monde restera élevé en 2025 mais cessera d’augmenter.

En Belgique, après une hausse limitée de 6% en 2024, on s’attend à une baisse de 5% en 2025. Certains secteurs présentent un risque plus élevé pour l'emploi et l’économie. Ainsi, la construction et l'immobilier rattrapent l’Horeca, les transports et le commerce de gros et de détail en termes de chiffres. En Belgique, le secteur de la construction et de l'immobilier a enregistré une hausse des faillites de 18% au dernier trimestre 2023.

« La hausse des défaillances mondiales (+7%), a été modérée uniquement par les baisses observées en Chine (-14%) et dans les marchés émergents tels que l'Afrique du Sud (-13%) et l'Inde (-8%). L'Europe de l'Ouest reste l'un des principaux contributeurs à cette hausse mondiale des défaillances d'entreprises malgré un léger ralentissement (+15%) en 2023. L'Amérique du Nord a également contribué au rebond mondial, avec une forte accélération (+41%). Un autre facteur d’inquiétude est la hausse des défaillances de grandes entreprises, qui pourrait générer un risque de non-paiement supplémentaire pour les petits fournisseurs. En 2023, un cas par jour a été enregistré au niveau mondial (365) », explique Maxime Lemerle, responsable des études sur les faillites chez Allianz Trade.

Johan Geeroms, notre Directeur Risk Underwriting Benelux, évoque la situation en Belgique : « Une augmentation limitée de 6 % est encore prévue cette année. Mais une baisse de 5% des faillites est attendue d'ici 2025. »

Cette diminution du nombre de faillites sera moins importante en Belgique que dans d'autres pays, car l’aide lors de la crise du coronavirus y a été moins étendue qu'aux Pays-Bas, par exemple.  Ainsi, la Belgique a été durement touchée par les faillites dès 2022 (+42%), alors que les Pays-Bas ont été confrontés à ce phénomène en 2023 (+52%) et 2024 (+31%) seulement. Le nombre de startups en Belgique a également augmenté de 14%, mais pour elles, 2024 sera une véritable année test en matière de résistance et de résilience.

D'autre part, le pouvoir d'achat en Belgique a été maintenu grâce à l'indexation automatique des salaires. La consommation n’a donc pas été touchée, mais l'effet se fera sentir plus tard, en raison d’une dégradation de la compétitivité. La croissance du PIB en 2023 a également été plus élevée en moyenne en Belgique que dans les autres pays de l'UE.

Johan Geeroms constate par ailleurs que les PME sont devenues plus vulnérables ces dernières années. « Les coûts d'approvisionnement ont augmenté, mais ils ne sont pas répercutés sur les clients pour des raisons de concurrence. Cela se fait au détriment de leur marge. »

L'accélération de la sinistralité mondiale n'est pas encore terminée, mais l’effet rattrapage touche à sa fin. L’escalade de +9% cette année est due au ralentissement de la croissance, les perturbations commerciales et l'incertitude géopolitique. Les plus fortes hausses sont attendues aux États-Unis (+28 %), en Espagne (+28 %) et aux Pays-Bas (+31 %).

« Cette hausse généralisée amènerait deux pays sur trois à dépasser le nombre de défaillances d'avant pandémie en 2024, contre un pays sur deux en 2023. L'économie de l'après-chocs apporte un grand nombre de vents contraires et de défis. Ceux-ci vont maintenant tester la résilience des entreprises qui sont devenues les plus fragiles au cours des trois dernières années. Nous pensons que ces développements conduiront les défaillances d'entreprises à se stabiliser à un niveau élevé en 2025 : +12% par rapport à leur niveau de 2019 aux Etats-Unis, +8% en France et +6% en Allemagne », déclare Aylin Somersan Coqui, CEO d'Allianz Trade.

Allianz Trade ne s'attend pas à un tsunami de faillites d'entreprises tel que celui enregistré au lendemain de la grande crise financière, lorsque les défaillances mondiales avaient respectivement flambé de +17% en 2008 et +19% en 2009. Toutefois, le rattrapage devrait être marqué dans plusieurs pays, en particulier les économies avancées d'Europe, en raison d'entreprises sensibles (les plus exposées aux enjeux de rentabilité et de financement) et de secteurs spécifiques (notamment les secteurs liés au B2C et la construction).

Nous avons identifié 4 défis à relever pour les entreprises dans les années à venir :

  1. Un resserrement de la rentabilité se profile
  2. Avant de profiter de la reprise mondiale qui se profile à l'horizon 2025, les entreprises devront gérer la décélération de la demande mondiale. Spécifiquement la zone euro et les Etats-Unis auraient tous les deux besoins de +0,7pp de croissance supplémentaire du PIB en moyenne en 2024-2025 pour stabiliser leur nombre de défaillances.
  3. Augmentation des risques de non-paiement
  4. Les entreprises font face à une incertitude croissante. Les tensions géopolitiques mondiales jouent un rôle majeur à cet égard. Elles sont également de plus en plus souvent confrontées à des défauts de paiement. Et outre les conflits en Ukraine et à Gaza, 2024 sera une année chargée en élections. Les pays représentant 60 % du PIB mondial se rendront aux urnes. Une série de facteurs qui ne feront que renforcer le climat d’incertitude dans lequel s’inscrit une économie déjà chancelante. Dans ce contexte, établir des prévisions et des plans d’activités précis constituera un immense défi pour de nombreuses entreprises.
  5. De plus, la réglementation est également en hausse, ce qui pourrait obliger les entreprises à fournir des efforts supplémentaires coûteux pour s'y conformer. Notre indice de risque de non-paiement, basé sur notre propre exposition au crédit, révèle que les entreprises sont de plus en plus préoccupées par les impayés, l'indice étant à son plus haut niveau depuis 2022.
  6. Les conditions de financement et de liquidité restent tendues
  7. Les entreprises continueront d'être confrontées à des financements coûteux, ce qui entretient les inquiétudes quant à leur capacité à absorber les coûts d'emprunt et à atténuer la pression sur la rentabilité globale. Dans le même temps, la disponibilité limitée des financements mettra en péril les secteurs et les entreprises les plus exposés, tandis que le nombre d'entreprises fragiles reste important au Royaume-Uni (15 %), en France (14 %), en Italie (9 %) et en Allemagne (7 %).
  8. Les nouvelles entreprises seront confrontées à leur premier véritable test de résilience.
  9. Après la période de coronavirus, un nombre relativement important de nouvelles entreprises ont vu le jour. Ce qui explique l’augmentation du taux de faillites. Toutes les nouvelles entreprises ne survivent pas, loin de là.
  10. En Europe, l'enregistrement de nouvelles entreprises s'est avéré être +14% plus élevé en 2021-2023, par rapport à 2016-2019. Pour ces entreprises, 2024 sera le premier ‘vrai’ test de résilience, en particulier dans les pays qui ont vu les créations d'entreprises les plus récentes, notamment la France (+47%), les Pays-Bas (+28%) et la Belgique (+14%).

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