Les conséquences économiques du conflit à Gaza sur l’UE seront probablement très limitées

Aux souffrances humaines s’ajoute la question de l’impact économique du conflit à Gaza, pour l’Union européenne par exemple. D’après notre dernier rapport d’étude, nous pensons que les effets resteront probablement très limités (75%). Par ailleurs, le conflit ne devrait pas entraîner une forte hausse des prix des denrées alimentaires. Dès lors, les répercussions sur l’inflation seront également minimes.

Johan Geeroms, notre Directeur Risk Underwriting Benelux : « Le drame humain qui se déroule à Gaza est évidemment la préoccupation majeure. Le conflit entraîne également des conséquences économiques, pour lesquelles notre département de recherche a imaginé plusieurs scénarios. Le pire peut être envisagé. Mais nous estimons très vraisemblablement que les hostilités se poursuivront jusqu’en 2024, bien que circonscrites à l’intérieur et autour des frontières d’Israël. Cela limitera également l’impact économique. Toutefois, nos analystes estiment que le conflit confortera légèrement la stagflation (forte inflation/faible croissance économique). »

Prenons l’exemple le prix du pétrole, qui a connu pendant un moment une forte hausse immédiatement après l’éclatement du conflit, mais a ensuite rechuté à 80 dollars. Ce niveau est inférieur à celui qui prévalait juste avant le début du conflit. En général, nous supposons que les coûts des matières premières, y compris le transport, augmenteront de +5%. Nous pensons également que les principaux corridors commerciaux, tels que le canal de Suez, resteront ouverts. Dans l’ensemble, le conflit produira un léger effet stagflationniste. Nous avons révisé à la baisse nos prévisions de croissance du PIB mondial en 2024 de -0,1 point de pourcentage à +2,3%, et nous avons relevé notre prévision d’inflation de +0,1 point de pourcentage à 4,4%.

L’un des effets secondaires du conflit est qu’il renforce la tendance à la démondialisation. Depuis la crise du coronavirus, les principaux pays commerçants ont déjà rapproché leurs activités économiques de leur territoire. Cette situation ne fait que se renforcer. Les troubles géopolitiques généraux dans le pays sont intenses. Ce n’est pas un environnement favorable pour l’investissement, car cela entraîne une diminution dans l’activité économique.

Bien que nous considérions peu probable que le conflit conduise à une escalade régionale, nous avons également envisagé le scénario le plus pessimiste. Dans ce cas, nous supposons une intervention directe de l’Iran et des États-Unis. Nous estimons cette probabilité à 20%. Nous pourrions nous attendre à une situation similaire à l’embargo pétrolier de 1973-1974. Le prix du pétrole atteindrait alors un niveau record, ce qui entraînerait une récession mondiale. Les marchés boursiers seraient également fortement touchés.

Nous attirons l’attention sur l’équilibre précaire de l’économie mondiale. Même si le conflit reste contenu, la situation est délicate, car l’économie mondiale actuelle demeure fragile. En effet, nous sommes encore sous le coup de la vague d’inflation qui a suivi la crise du coronavirus et qui se poursuit aujourd’hui. La guerre en Ukraine pèse également sur la confiance. Plusieurs pays clés tiendront des élections l’année prochaine. Une grande incertitude règne donc. Il n’en faut pas beaucoup plus pour déséquilibrer davantage la situation actuelle.

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