De nouvelles opportunités de croissance pourraient émerger en Allemagne dans les années à venir. Première économie européenne, le pays s’apprête à engager une vague d’investissements d’une ampleur exceptionnelle dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, de la numérisation et de la défense.

Pour les CFO et les dirigeants financiers, une question essentielle se pose : comment tirer parti de ces opportunités tout en préservant la solidité financière de votre entreprise ?

Selon nos experts, l’Allemagne est à l’aube d’un nouveau cycle d’investissement susceptible de transformer non seulement son économie, mais aussi les perspectives de nombreuses entreprises belges. Pour les sociétés actives dans les chaînes de valeur industrielles, les technologies, l’énergie, les infrastructures ou les services aux entreprises, cette évolution mérite une attention particulière.

Découvrez ces analyses dans notre article

L’Allemagne reste de loin le principal partenaire commercial de la Belgique. Pourtant, ces dernières années, le pays a investi bien en deçà des besoins nécessaires pour maintenir sa compétitivité. Selon nos experts, le déficit d’investissement allemand par rapport au reste de l’Europe est aujourd’hui estimé à environ 390 milliards d’euros.

Mais le défi est encore plus vaste. À lui seul, le financement de la transition énergétique nécessiterait environ 1 300 milliards d’euros d’ici 2045, sans compter les investissements requis dans la numérisation, les infrastructures de transport et la défense.

« C’est d’autant plus frappant que l’Allemagne ne manque pas de ressources financières », explique Johan Geeroms, notre Risk Underwriting Director Benelux. « Le pays affiche même un niveau d’épargne très élevé. Le problème est qu’une grande partie de ces capitaux n’est pas dirigée vers des investissements susceptibles d’améliorer la productivité et la compétitivité de l’économie allemande. Pour la Belgique, cet enjeu est particulièrement important. Nos économies sont étroitement liées. Lorsque l’Allemagne innove et croît moins vite, les exportateurs et fournisseurs belges en ressentent directement les conséquences. »

La future vague d’investissements devrait se concentrer principalement autour de quatre domaines :

  • L’énergie et la transition énergétique
  • Les infrastructures numériques et les technologies
  • Les transports et la logistique
  • La défense et la production industrielle

Cependant, les opportunités ne concerneront pas uniquement ces secteurs directement. Les grands programmes d’investissement génèrent des besoins tout au long des chaînes de valeur : fournisseurs, sous-traitants, entreprises technologiques, prestataires de services industriels, acteurs de la logistique ou encore spécialistes de la maintenance peuvent également bénéficier de cette dynamique.

« Les entreprises belges ont devant elles un marché d’une ampleur exceptionnelle », souligne Johan Geeroms. « L’Allemagne doit simultanément rattraper son retard en matière d’entretien et moderniser ses infrastructures. Les entreprises belges sont fortement intégrées aux chaînes de valeur allemandes et disposent d’une expertise reconnue dans l’énergie, la chimie, les technologies, les infrastructures et les services industriels. Ce sont précisément les domaines dans lesquels l’Allemagne va investir massivement. »

Pour de nombreuses entreprises belges, les opportunités pourraient donc se situer aussi bien auprès de clients existants que dans de nouveaux écosystèmes industriels.

Lorsqu’un marché se développe, l’attention se porte naturellement sur les perspectives de chiffre d’affaires. Pourtant, les CFO savent que la croissance s’accompagne souvent de nouveaux défis financiers.

Des contrats plus importants impliquent fréquemment des investissements supplémentaires dans les ressources humaines, les capacités de production, les stocks ou les matières premières. Les projets internationaux s’accompagnent également de délais de paiement plus longs et d’un besoin accru en fonds de roulement.

Notre expérience montre que les grandes vagues d’investissement ont souvent un double effet : elles créent de nouvelles opportunités commerciales tout en augmentant l’exposition aux risques de crédit et aux tensions de trésorerie. C’est pourquoi il est utile de se poser dès aujourd’hui plusieurs questions stratégiques :

  • Disposons-nous des ressources financières nécessaires pour préfinancer des projets plus importants ?
  • Nos limites de crédit sont-elles adaptées à une éventuelle accélération de la croissance ?
  • Avons-nous une visibilité suffisante sur la solidité financière de nouveaux partenaires commerciaux ?
  • Quel serait l’impact d’un allongement des délais de paiement sur notre trésorerie ?
  • Notre bilan peut-il absorber une croissance plus rapide sans fragiliser l’entreprise ?
  • Risquons-nous de devenir trop dépendants d’un nombre limité de clients, de secteurs ou de projets ?

Les entreprises qui réfléchissent dès aujourd’hui à ces questions seront généralement mieux positionnées pour saisir rapidement les opportunités lorsqu’elles se présenteront.

Les ambitions allemandes sont considérables, mais leur réussite dépendra de bien plus que de la disponibilité des financements. Le pays reste confronté à des coûts énergétiques élevés, à une pénurie de main-d’œuvre et à une bureaucratie qui ralentit encore de nombreux projets. La rapidité avec laquelle les investissements pourront être transformés en réalisations concrètes constituera donc un facteur déterminant.

« Encore faut-il que le pays accélère les procédures d’autorisation, réduise la bureaucratie et renforce l’attractivité des investissements privés », rappelle Johan Geeroms. Pour les dirigeants financiers, cela signifie qu’il faut analyser non seulement l’ampleur des investissements annoncés, mais également leur calendrier et leur faisabilité.

La vague d’investissement allemande s’étalera sur plusieurs années. Les entreprises disposent donc encore du temps nécessaire pour se positionner de manière stratégique.

Une préparation efficace passe notamment par :

  • l’identification des secteurs et chaînes de valeur allemandes les plus pertinents pour votre activité ;
  • l’évaluation de l’impact potentiel sur la trésorerie et le besoin en fonds de roulement ;
  • l’analyse des risques liés aux clients et partenaires actuels ou futurs ;
  • la vérification de la capacité de financement nécessaire pour soutenir une croissance future.

« Si l’Allemagne parvient à transformer les capitaux publics et privés en investissements productifs, c’est l’ensemble de l’Europe qui en bénéficiera. La Belgique sera particulièrement concernée compte tenu de l’étroitesse des liens économiques qui unissent les deux pays. En revanche, si cette transformation échoue, l’Allemagne se retrouvera avec un niveau d’endettement plus élevé sans réelle amélioration de son potentiel de croissance. Les entreprises belges en subiront également les conséquences », conclut Johan Geeroms.

Pour les CFO, l’enjeu n’est donc pas seulement d’identifier de nouvelles opportunités de croissance, mais aussi de créer dès aujourd’hui les conditions financières permettant de les saisir demain.

Alors inscrivez-vous dès maintenant à notre newsletter Allianz Trade Magazine !

Nous vous enverrons toutes les 4 semaines les derniers développements sur l'économie, les secteurs, les faillites et des conseils pour une gestion optimale des débiteurs.