La saison estivale belge approche, mais le contexte est loin d’être serein. La crise persistante au Moyen-Orient exerce une forte pression sur le transport aérien international et engendre des répercussions économiques notables. Selon l’assureur-crédit Allianz Trade, il est probable que l’été 2026 soit marqué par des vacances plus proches du domicile — non par préférence, mais par nécessité.
Johan Geeroms - Director Risk Underwriting - Allianz Trade Benelux
Le kérosène : une vulnérabilité stratégique
Le cœur du problème ne réside pas tant dans la production de pétrole que dans le raffinage et la logistique. Geeroms explique : « L’Europe ne produit qu’environ la moitié de son carburant aérien et dépend structurellement des importations, notamment en provenance du Moyen-Orient. Des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Italie et la Belgique font face à des pénuries importantes. Même si les États-Unis augmentent leurs livraisons vers l’Europe, la perturbation des approvisionnements a eu un impact considérable sur la disponibilité et les prix. »
Pour les compagnies aériennes, dont Brussels Airlines et TUI fly Belgique, cela se traduit par une forte hausse des coûts. Les prix du carburant ont doublé en peu de temps et constituent désormais une menace directe pour la rentabilité. Les prix des billets ont déjà augmenté de 5 à 15 %, et de nouvelles hausses ne sont pas à exclure.
Moins de vols, des prix plus élevés
Comme ailleurs en Europe, les compagnies aériennes réduisent leurs capacités. Environ 2 à 5 % des vols européens sont supprimés, principalement sur les trajets courts et vers les aéroports secondaires. Les compagnies low cost sont particulièrement vulnérables à la hausse des coûts, compte tenu de leurs marges limitées et d’une clientèle très sensible aux prix.
Pour les entreprises belges dépendantes de la mobilité internationale — que ce soit pour les voyages d’affaires, le tourisme ou la logistique — cette situation illustre à quel point des chocs externes peuvent rapidement perturber les plans opérationnels.
Le tourisme domestique progresse, mais avec des nuances
Les vacances en Belgique gagnent en popularité. Les parcs de vacances et les zones récréatives dans les Ardennes et sur la côte affichent des taux d’occupation proches du maximum, une tendance confirmée par les recherches en ligne.
Toutefois, les économistes d’Allianz Trade mettent en garde contre un excès d’optimisme. La baisse de la confiance des consommateurs pourrait inciter les ménages à réduire leurs dépenses globales de vacances, plutôt qu’à remplacer totalement les voyages à l’étranger par des alternatives locales. Résultat : davantage de visiteurs, mais avec des budgets plus serrés.
Un cas d’école estival qui dépasse le tourisme
Cet été met clairement en évidence la manière dont les risques macroéconomiques et géopolitiques se traduisent concrètement par :
- une hausse des coûts sans substitution immédiate
- une pression accrue sur les marges et la liquidité
- un comportement des consommateurs plus incertain
- une augmentation des risques de crédit dans les secteurs vulnérables
Pour les décideurs financiers, il ne s’agit pas d’un phénomène lointain, mais d’un rappel de l’importance croissante de la diversification des risques, de la planification par scénarios et de la gestion du fonds de roulement.
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Nous suivons au quotidien les évolutions géopolitiques, les tendances sectorielles et les comportements de paiement à l’échelle mondiale. Ces connaissances nous permettent de vous aider à identifier les risques à temps et à renforcer votre vision prospective, afin de prendre des décisions en toute confiance.
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