Perspectives économiques 2026-2027 : L’IA maintient l’économie mondiale sur les rails malgré les incertitudes géopolitiques

Après une période marquée par des tensions géopolitiques persistantes, des conflits commerciaux et des coûts énergétiques élevés, l’économie mondiale fait preuve d’une résilience surprenante. Bien que la croissance ralentisse en 2026, le dynamisme des investissements dans l’intelligence artificielle (IA) continue de soutenir l’activité économique à l’échelle mondiale.  Ces investissements contribuent largement à atténuer les effets défavorables du choc énergétique et des tensions commerciales.

Pour les entrepreneurs belges, il est essentiel d’aller au-delà des indicateurs de croissance globaux. Les évolutions en Europe, sur les marchés de l’énergie, des taux d’intérêt et du commerce international ont des répercussions directes sur les exportations, les investissements et les risques de paiement.

Avertissement : Toutes les prévisions présentées dans cet article reposent sur le scénario économique jugé le plus probable au moment de la publication. En raison des évolutions géopolitiques, les perspectives économiques sont susceptibles d’évoluer rapidement.

Ce que vous découvrirez dans cet article

  • La croissance mondiale devrait ralentir à 2,5 % en 2026, avant de rebondir à 2,9 % en 2027.
  • Le pic d’inflation semble désormais derrière nous, grâce notamment à la normalisation des prix de l’énergie.
  • L’intelligence artificielle (IA) demeure l’un des principaux moteurs de la croissance et des investissements à l’échelle mondiale, en particulier aux États-Unis et en Asie.

Selon notre scénario central, la croissance mondiale devrait atteindre 2,5 % en 2026, avant de rebondir à 2,9 % en 2027. Malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient et la poursuite des frictions commerciales à l’échelle internationale, l’économie mondiale fait preuve d’une résilience remarquable.

L’un des principaux enseignements de notre Economic Outlook est le rôle déterminant que joue aujourd’hui l’intelligence artificielle (IA) dans l’économie mondiale. Sans les investissements soutenus dans cette technologie, les conséquences du choc énergétique et du regain des tensions commerciales seraient nettement plus marquées. L’IA contribue en effet à compenser une partie importante des vents contraires économiques en soutenant les investissements, la productivité et les échanges internationaux.

Parallèlement, les effets de la crise énergétique continuent de se faire sentir. Les prix élevés de l’énergie pèsent encore sur les finances des entreprises et des ménages. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des consommateurs ne devrait retrouver pleinement son niveau d’avant-crise qu’au cours du quatrième trimestre 2026, tandis que la rentabilité de nombreuses entreprises demeure sous pression.

  • Les États-Unis continuent d’afficher une performance économique relativement robuste. Nous prévoyons une croissance de 2,1 % en 2026, soutenue par la hausse des exportations d’énergie, un taux d’épargne des ménages historiquement faible, des mesures de soutien budgétaire ainsi que des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. À l’heure actuelle, près d’un tiers de la croissance économique américaine est directement ou indirectement lié à l’essor de l’IA.
  • « Les perspectives pour la zone euro sont moins favorables », explique Johan Geeroms, Director Risk Underwriting Benelux. La croissance économique de la région devrait se limiter à 0,9 % en 2026, avant de remonter légèrement à 1,2 % en 2027.

    « L’Europe reste davantage exposée aux fluctuations des prix de l’énergie et bénéficie, pour l’instant, moins de l’essor de l’intelligence artificielle que les États-Unis. Par ailleurs, la croissance économique des principales économies européennes, et plus particulièrement de l’Allemagne, demeure limitée malgré d’importantes mesures de relance. Des réformes structurelles restent nécessaires pour renforcer le potentiel de croissance à long terme. »
  • La Chine, quant à elle, continue de faire preuve de résilience, avec une croissance attendue de 4,7 %. Les exportations et la production de haute technologie demeurent des moteurs essentiels de son activité économique. Toutefois, la faiblesse de la demande intérieure ainsi que les droits de douane américains continuent de peser sur les perspectives de croissance.

Avec la normalisation des flux d’approvisionnement et des prix du pétrole, désormais revenus à un niveau inférieur à celui observé avant le conflit au Moyen-Orient, nous estimons que le récent choc énergétique devrait être temporaire. Son impact sur l’inflation globale devrait donc rester limité, rendant peu probable un retour de la forte poussée inflationniste observée en 2022.

Bien que des fluctuations temporaires des prix du pétrole restent possibles au cours des négociations entre les États-Unis et l’Iran, nous prévoyons une baisse progressive du prix du baril, à 75 USD en moyenne d’ici fin 2026, puis à 67 USD fin 2027. Les prix du gaz devraient également demeurer supérieurs à leur niveau d’avant le conflit, tout en restant dans la fourchette observée au cours des trois dernières années. Nous anticipons ainsi un prix moyen de 41 EUR/MWh à la fin de 2026, puis de 32 EUR/MWh en 2027.

La situation contraste fortement avec celle de 2022, lorsque les prix du gaz en Europe avaient bondi de plus de 500 %, dépassant les 300 EUR/MWh. Selon nos prévisions, l’inflation dans les principales économies devrait progressivement revenir aux niveaux cibles fixés par les banques centrales d’ici 2027.

Les récents développements impliquant l’Iran, les États-Unis et le détroit d’Ormuz illustrent la rapidité avec laquelle les hypothèses économiques peuvent évoluer. De nouvelles escalades militaires, des perturbations des routes commerciales ou des variations des prix de l’énergie pourraient avoir un impact plus ou moins important que celui anticipé au moment de la publication de cette analyse.

Malgré les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux et les incertitudes entourant les prix de l’énergie, les marchés financiers continuent de faire preuve d’une résilience relative. “Les investisseurs semblent largement faire abstraction de nombreux risques à court terme et se concentrent principalement sur les perspectives de croissance structurelle offertes par l’IA ainsi que sur la diminution progressive attendue des pressions inflationnistes”, souligne Johan Geeroms.

Selon notre scénario central, les taux d’intérêt américains devraient diminuer progressivement pour atteindre 4,35 % fin 2026, puis 4,1 % en 2027, à mesure que les pressions inflationnistes s’atténuent et que les effets du resserrement monétaire s’estompent. En Europe, nous prévoyons que le rendement des obligations d’État allemandes continuera d’évoluer autour de 3 %, sous l’effet notamment de déficits budgétaires persistants et de la poursuite du retrait progressif des mesures de soutien mises en place par les banques centrales.

Les marchés boursiers continuent d’être soutenus par la croissance économique et la poursuite des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, même si les niveaux de valorisations actuels laissent peu de marge de manœuvre en cas de revers. Après les solides performances enregistrées en 2026, nous anticipons une évolution plus modérée, mais toujours positive, des marchés boursiers en 2027.

Les marchés du crédit demeurent également attractifs, même si les risques augmentent progressivement. La hausse des émissions de dette et la diminution des ratios de couverture des intérêts pourraient entraîner un léger élargissement des spreads de crédit au cours des prochaines années. Parallèlement, les infrastructures liées à l’IA et les marchés du crédit privé de haute qualité restent parmi les segments les plus prometteurs. 

Si de nombreuses entreprises ont encore enregistré des résultats robustes au premier trimestre, la pression sur les marges s’intensifie. La hausse des coûts, le ralentissement de la demande dans certaines régions d’Europe et les incertitudes liées au commerce international et à la réglementation contribuent à rendre le climat des affaires plus complexe.

Les risques climatiques demeurent également une préoccupation majeure. Même si la récente vague de chaleur en Europe est terminée, la possibilité d’une année marquée par un phénomène El Niño intense demeure un facteur susceptible d’influencer l’activité économique, les prix de l’énergie, la production alimentaire et les flux commerciaux internationaux.

À l’échelle mondiale, nous prévoyons une hausse de 4 % du nombre de faillites en 2026, avant une stabilisation en 2027. Cette évolution souligne l’importance d’une gestion rigoureuse des créances clients et d’une approche proactive du risque. Pour les entreprises belges exportatrices, il reste essentiel de surveiller de près la santé financière de leurs clients et partenaires commerciaux.

Nous suivons quotidiennement les évolutions géopolitiques, les tendances sectorielles et les comportements de paiement dans le monde entier. Nous mettons cette expertise au service des entreprises du monde entier afin de les aider à identifier et anticiper les risques.

Pour ce faire, nous vous fournissons des analyses prédictives et des solutions telles que l’assurance-crédit, l’assurance fraude et les garanties. Grâce à ces outils, vous pouvez prendre vos décisions en toute confiance, même dans un contexte économique incertain.