Forte augmentation de la pression sur les fonds de roulement des entreprises

Les entreprises doivent se montrer plus patientes pour disposer de leurs fonds étant donné l’ajournement du paiement des factures à travers le monde. L’année dernière, le DSO, délai de paiement moyen est passé à 59 jours (+5 jours). Les entreprises d’Europe occidentale doivent quant à elles patienter davantage : 68 jours (+7 jours). Et 17 % des entreprises mondiales doivent même attendre 90 jours.

Johan Geeroms, notre Directeur Risk Underwriting Benelux: « Les paiements différés affectent directement les activités quotidiennes des entreprises et peuvent même conduire, dans le pire des cas, à la faillite de ces dernières. Solliciter des fonds de roulement supplémentaires auprès des banques n’est pas chose évidente. Les entreprises se montrent donc plus prudentes et ralentissent le rythme, l’économie s’essouffle et le risque de crédit augmente, lui aussi. »

Les entreprises risquent d’utiliser leurs fournisseurs en guise de banque et de faire ainsi mainmise sur eux. L’ajournement du paiement des factures a réellement un effet boule de neige : l’un paie l’autre en retard, voire pas du tout en cas de non-paiement. Une facture importante qui n’est pas payée devient rapidement un cauchemar pour de nombreuses PME. Johan Geeroms conseille donc aux entreprises de surveiller de près leurs factures en souffrance et d’affiner les conditions de paiement.

Dans les entreprises, la constitution de stock représente une cause importante de report de paiement. Johan Geeroms : « La crise sanitaire liée au coronavirus a provoqué une perturbation massive de la chaîne d’approvisionnement et la disparition des livraisons “juste à temps”. Les entreprises ont en effet été soudainement dépourvues de leurs matières premières. Elles ont alors opté pour d’autres solutions, notamment l’approvisionnement en marchandises auprès de fournisseurs de proximité ou la constitution de stocks supplémentaires.

Actuellement, 34 % des entreprises disposent de stocks permettant d’assurer plus de 90 jours de chiffre d’affaires. » Les secteurs les plus concernés sont ceux des moyens de transport (46 %), du textile (39 %), de l’électronique (38 %) et de la construction mécanique (36 %).

Selon Johan Geeroms, les stocks diminueront au cours de la période à venir. « La croissance économique ralentit, mais les entreprises ont besoin d’argent, car même les banques ne prêtent plus facilement. Elles vont donc proposer leurs stocks à des prix plus bas pour les liquider et capitaliser. Ou elles décideront de réduire temporairement leur production. »

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