Le transport routier belge est particulièrement sous pression. Le secteur doit faire face à une combinaison de coûts salariaux en hausse, d’augmentations des prix du carburant, des assurances et de l’entretien, à une pénurie persistante de chauffeurs ainsi qu’à la nécessité d’investir dans des véhicules plus propres. Dans un marché où la croissance reste limitée, il est en outre difficile de répercuter intégralement ces coûts supplémentaires sur les clients.
À cela s’ajoute la récente adaptation de la redevance kilométrique, en vigueur depuis plusieurs années. Pour un camion standard Euro VI de plus de 32 tonnes appartenant à la classe d’émissions de CO₂ la plus polluante (classe 1), le tarif est passé de 0,204 euro à 0,286 euro par kilomètre, soit une augmentation d’environ 40 %. Cette mesure entraîne également des charges administratives supplémentaires.
Selon la fédération professionnelle belge Febetra, les coûts kilométriques additionnels peuvent représenter jusqu’à 12.000 euros par camion et par an pour les entreprises de transport actives à l’international. Pour les transporteurs opérant exclusivement en Belgique, la charge supplémentaire est estimée à environ 3.000 euros par véhicule. Les petites entreprises disposant d’une flotte plus ancienne, de réserves financières limitées et d’un faible pouvoir de négociation sont particulièrement vulnérables.
La pression financière se reflète désormais clairement dans les chiffres des faillites. Entre janvier et août 2026, 547 entreprises de transport ont fait faillite en Belgique. Cela représente une hausse de 11,9 % par rapport à la même période de l’année précédente et le niveau le plus élevé jamais enregistré au cours des huit premiers mois d’une année. Les petites entreprises de transport et les services de messagerie sont les plus touchés, les faillites ayant concerné près de 1.300 emplois.
Cette évolution montre que le secteur est confronté non seulement à des difficultés conjoncturelles, mais également à des défis structurels. Les transporteurs doivent investir dans la transition durable, la digitalisation et l’amélioration de leur efficacité opérationnelle, alors que leurs marges sont souvent insuffisantes pour financer ces investissements sur fonds propres. Les entreprises qui ne parviennent pas à répercuter les hausses des coûts du carburant, des salaires et des péages sont les plus exposées aux problèmes de liquidité.
Dans ce contexte, disposer d’une vision actualisée de la santé financière et du comportement de paiement des clients devient essentiel. En identifiant rapidement les risques de crédit, les transporteurs peuvent mieux adapter leurs limites de crédit, leurs délais de paiement et leurs besoins de financement à l’évolution des conditions de marché.