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Analyse sectorielle : Secteur des transports

Croissance limitée, pression financière accrue

La croissance de l’économie belge devrait rester limitée à environ 1 % par an en 2026 et 2027. Dans ce contexte, la demande de transport de marchandises et de services logistiques ne devrait progresser que modestement. La faiblesse persistante de l’industrie européenne, la hausse des coûts du carburant et de la main-d’œuvre, les incertitudes géopolitiques ainsi que les barrières au commerce international continuent de peser sur le secteur. Notre département de recherche classe d’ailleurs le transport en Belgique parmi les secteurs présentant un niveau de risque sensible.

Cette analyse sectorielle ne se limite pas aux chiffres d’affaires et aux perspectives de croissance. Elle évalue également la demande, la rentabilité, la liquidité et l’environnement économique des entreprises. Elle offre ainsi aux CFO et aux responsables financiers une vision claire de l’impact potentiel des évolutions sectorielles sur les flux de trésorerie, le besoin en fonds de roulement, les besoins de financement et les risques de crédit.

Cet article contient :

  • Une croissance économique limitée continue de peser sur la demande de transport.
  • La hausse des coûts salariaux, du carburant et des redevances kilométriques exerce une pression accrue sur les marges.
  • Les incertitudes géopolitiques et les perturbations des échanges commerciaux renforcent la nécessité d’une gestion rigoureuse des risques financiers.

La Belgique est étroitement liée à l’industrie et au commerce européens. La demande de transport dépend donc fortement de l’évolution économique des pays voisins, en particulier de l’Allemagne, de la France et des Pays-Bas. Lorsque la production industrielle, les exportations et les flux commerciaux internationaux ralentissent, les transporteurs belges en ressentent immédiatement les effets à travers une diminution des volumes transportés, un taux de chargement plus faible et une concurrence accrue pour les contrats disponibles. Dans ce contexte, la reprise de l’économie allemande reste fragile.

Le secteur présente par ailleurs d’importantes disparités selon les segments. Le transport de colis, le fret aérien et certains services logistiques spécialisés, comme la logistique sous température contrôlée pour les produits pharmaceutiques, résistent relativement bien. À l’inverse, le transport routier, le transport en vrac et les activités tributaires de l’industrie et du commerce international demeurent plus vulnérables. Si des hausses tarifaires peuvent soutenir le chiffre d’affaires, elles ne compensent pas automatiquement la baisse des volumes, l’augmentation des coûts et la pression persistante sur les marges.

La transition durable du secteur des transports devient un défi à la fois financier et opérationnel. Les camions électriques gagnent en attractivité pour la distribution régionale, les itinéraires fixes et les zones urbaines, en particulier lorsque les entreprises disposent de leur propre infrastructure de recharge. Pour le transport international et les marchandises lourdes, le coût d’acquisition élevé, le manque d’infrastructures de recharge, la congestion du réseau électrique et les incertitudes entourant les technologies de demain demeurent toutefois des obstacles majeurs.

À plus long terme, l’ETS2 renforcera également la pression visant à réduire l’utilisation des combustibles fossiles. Lorsque le nouveau système européen d’échange de quotas d’émission entrera en vigueur en 2028, les fournisseurs de carburants routiers devront supporter des coûts supplémentaires liés au CO₂. Une partie de ces coûts devrait être répercutée sur les prix des carburants. Les transporteurs qui anticipent cette évolution en adaptant leur flotte, leurs itinéraires, leurs infrastructures de recharge et leur consommation énergétique seront mieux placés pour maîtriser leurs coûts et limiter leurs risques.

Cette transition nécessite une planification financière réaliste. Les entreprises ont tout intérêt à évaluer leurs investissements à l’aune de différents scénarios intégrant l’évolution des prix de l’énergie et des carburants, les taux d’utilisation des actifs, les flux de trésorerie et la qualité de crédit de leurs principaux clients.

La digitalisation constitue un levier important à cet égard. L’optimisation des itinéraires, la maintenance prédictive, les lettres de voiture électroniques, les informations en temps réel et la planification du chargement basée sur les données permettent de réduire les kilomètres à vide, les temps d’immobilisation et la consommation de carburant. Au-delà des données opérationnelles, la visibilité financière prend également de l’importance. Une meilleure compréhension des créances en cours, des comportements de paiement et de la concentration du portefeuille clients aide les entreprises à détecter plus rapidement les risques de liquidité et à gérer plus efficacement leur besoin en fonds de roulement.

Les grands acteurs de la logistique disposent généralement de davantage de moyens pour investir dans les technologies, bénéficier d’économies d’échelle, développer leurs propres infrastructures de recharge et mettre en place des réseaux multimodaux. Les petits transporteurs conservent une place essentielle dans des segments spécialisés, mais ils restent plus vulnérables lorsque les volumes de commandes diminuent, que les délais de paiement s’allongent ou que les hausses de coûts ne peuvent pas être répercutées sur les clients.

La faiblesse de la croissance des volumes, la hausse des coûts et l’importance des dépenses à préfinancer augmentent les besoins en fonds de roulement dans le secteur du transport. Les coûts liés au carburant, aux salaires, à l’entretien et aux équipements doivent souvent être engagés bien avant le paiement des factures par les clients. Si les clauses d’indexation du carburant offrent une certaine protection contre la volatilité des prix, elles ne permettent pas toujours de compenser immédiatement la pression exercée sur la trésorerie.

Pour les CFO et autres responsables financiers, il est donc essentiel de ne pas se concentrer uniquement sur le chiffre d’affaires et le taux d’utilisation des capacités, mais également sur les flux de trésorerie, les comportements de paiement et les risques liés aux créances clients. Dans un secteur où les marges sont souvent limitées, un retard de paiement ou une facture impayée peut rapidement affecter la liquidité de l’entreprise et accroître ses besoins de financement.

Une gestion proactive du risque client contribue dès lors à renforcer la résilience financière. En suivant de près la solvabilité des clients, en surveillant les retards de paiement et en adaptant rapidement les limites de crédit ou les conditions de paiement, les entreprises de transport peuvent mieux protéger leur trésorerie et réduire leur exposition aux défauts de paiement.

 
  • surveillant régulièrement le comportement de paiement et la solvabilité de leurs clients 
  • adaptant les limites de crédit et les délais de paiement à la situation financière, au volume d’activité et à l’historique de paiement de chaque client ;
  • diversifiant leur risque clients afin de limiter leur dépendance à un ou plusieurs donneurs d’ordre majeurs ;
  • mettant en place des clauses tarifaires, carburant et coûts permettant de répercuter plus rapidement les hausses de charges ;
  • prévoyant suffisamment de fonds de roulement et de capacités de financement pour faire face aux pics saisonniers, à l’augmentation des coûts du carburant, au renouvellement du matériel et aux investissements liés à la transition durable ;
  • assurant un suivi immédiat des factures en retard afin d’éviter que les difficultés de paiement ne se propagent dans la chaîne.

Une gestion active du risque client réduit le risque d’incidents de paiement, sans pour autant éliminer totalement le risque de défaut ou de faillite d’un client.

Allianz Trade accompagne les entreprises dans la gestion de leurs risques clients grâce à des informations de crédit actualisées sur leurs clients et prospects. Ces analyses permettent de définir des limites de crédit adaptées, de suivre l’évolution des comportements de paiement et d’identifier rapidement les changements de risque financier au sein de la chaîne de valeur.

Une assurance-crédit peut offrir une protection financière lorsqu’un client assuré ne règle pas ses factures. Elle permet ainsi de sécuriser non seulement les créances commerciales de l’entreprise, mais aussi sa trésorerie et sa capacité à investir ou à poursuivre son développement. Allianz Trade assure un suivi continu de la situation financière des acheteurs, adapte les limites de crédit lorsque les circonstances évoluent et indemnise le montant assuré en cas de non-paiement, sous réserve du respect des conditions prévues au contrat.

  • Envie d’en savoir plus ? Échanger avec des pairs ou des experts peut vous apporter de nouvelles perspectives et vous aider à prendre les bonnes décisions.

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